Avril 2012

Éditorial de l’évêque    avril 2012

 

Parce qu’Il est ressuscité !

 

Nous allons fêter Pâques dans quelques jours. Que nous révèle cette fête dans le creux de nos vies? Des souvenirs de notre enfance? Un doux folklore à la base de nos traditions? Une fête du printemps? Ou bien la proclamation de notre salut, c’est-à-dire de ce qu’il y a de plus important et qui donne sens à notre vie? En sommes-nous vraiment conscients? Sans doute nous le serons d’autant plus que nous aurons bien vécu les Jours saints et la Veillée pascale. Mais cela, nous sommes peu nombreux à le faire, ou à pouvoir le faire.

Et pendant que beaucoup de chrétiens d’ici taisent leur foi, d’autres croyants proclament la leur et exigent des « accommodements raisonnables » pour pouvoir l’afficher publiquement. Ces questions ne sont pas sans jeter le trouble en nous à certains moments. Il est vrai que les changements sociaux que nous vivons sont profonds, mais faut-il pour autant nous détacher des convictions qui nous identifient et donnent sens aux valeurs qui nous font vivre?

Car vivre sans valeurs, c‘est comme naviguer dans un bateau sans gouvernail. Un peu à gauche, un peu à droite au gré des événements. Puis quand les décisions importantes arrivent, on ne sait quoi faire. Et ne pas connaître la source de nos valeurs, c’est aussi vivre dans la fragilité ! C’est comme avoir égaré la carte qui justement nous permettait de diriger le navire.

Fêter Pâques pour un disciple de Jésus, c’est célébrer la résurrection de Celui que Dieu nous a envoyé pour nous dire le sens de notre vie (sa Parole) et nous donner les moyens pour arriver à conduire notre barque jusqu’au vrai port de notre vie : sa Parole, son Esprit, les sacrements.

Si le Christ n’est pas ressuscité, disait saint Paul, vaine est notre foi ! (1 Co, 15,2) Lui, comme les premiers témoins que furent les apôtres et les premiers disciples, nous ont transmis cette certitude. « Ce que nous avons vu de nos yeux et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons…» (1 Jn 1, 1-3), écrit aussi saint Jean.

Je souhaite que la Fête de Pâques ravive chez tous les chrétiens et les chrétiennes qui vivent dans notre Église diocésaine cette conviction joyeuse que Jésus, vrai homme et vrai Dieu, est vraiment ressuscité. Que les forces du mal et même la mort n’ont pas eu le dernier mot sur sa vie, sur la Vie. Et que cet événement est la source de notre joie, de notre espérance et du sens que prend notre existence de chaque jour. Il nous accompagne de sa présence, nous soutient par son Esprit; il nous éclaire par sa Parole et nous fait signe dans les sacrements, tel que nous l’ont transmis les premiers témoins.

C’est pourquoi, comme Paul, nous ne pouvons pas nous taire. « Malheur à moi, disait-il, si je n’annonce pas l’Évangile ! » (1Co 9,16) Mais fièrement nous voulons rayonner et témoigner de cette espérance qui nous nourrit et donne force et joie à notre vie.

Réjouissons-nous ! Christ est ressuscité ! Joyeuses Pâques !

                                                                                                                                                           † Jean Gagnon

Évêque de Gaspé