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Éditorial de l’évêque    octobre 2011

La pratique religieuse: pratiquer quoi ?

J’assistais dernièrement à une rencontre où on se demandait s’il fallait pratiquer pour être un bon catholique. En entendant les arguments des uns et des autres, je réalisais encore une fois comment cette expression n’exprime pas bien la réalité que nous vivons comme disciples de Jésus aujourd’hui. Pouvons-nous juger de la fidélité d’une personne à suivre l’Évangile de Jésus par le seul indice de la « pratique religieuse », c’est-à-dire de la participation à la célébration dominicale?

En contrepartie, d’autres affirment que la pratique de la charité et de la justice au nom de sa foi chrétienne est aussi une forme de pratique importante. Certains diront même que c’est la plus importante. Et ils n’ont pas vraiment tort ! Jésus a même répété quelques fois dans l’Évangile : « Quiconque écoute les paroles que je viens de dire et les met en pratique peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc.» (Mt 7, 24) Ailleurs, il dit encore : « Ma mère, mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique.» (Luc 8, 21)

Il est bien difficile, dans une société en changement comme la nôtre, de trancher à partir d’un critère comme celui de « la pratique religieuse » et de partager les gens en diverses catégories de chrétiens. D’ailleurs, qui sommes-nous pour juger les autres? Car l’attachement à Jésus est d’abord une affaire de cœur. Jésus a parlé régulièrement de la conversion du cœur qu’il considère comme l’accueil de la foi en la Parole de Dieu et qu’il compare à une semence qui a tombé dans la bonne terre et qui a porté du fruit.

Ne vaudrait-il pas mieux éviter cette expression de « pratique religieuse » et comprendre plutôt que, selon les circonstances, les disciples peuvent être engagés à différents degrés face à Jésus mais aussi face à leur communauté chrétienne. En effet, il faut se rappeler que Dieu est intervenu d’abord pour nous sauver comme peuple afin que nous devenions le Peuple de Dieu. Et Jésus nous a enseigné à vivre comme des communautés de disciples. C’est ce que nous retrouvons dans l’Évangile et dans la vie des premiers chrétiens. La participation au rassemblement dominical est encore aujourd’hui le signe par excellence que nous formons le Peuple qui témoigne publiquement de Dieu. Retrouver régulièrement sa communauté chrétienne, c’est venir s’instruire de la Parole de Dieu qui nous guide et partager le Pain de vie qui rassemble les disciples pour qu’ils forment le Corps du Christ et vivent comme des témoins dans le monde d’aujourd’hui.

La véritable question devient alors : est-ce que je crois dans ma communauté chrétienne? Y suis-je attaché de façon vraiment vitale ou seulement pour la forme? M’éloigner de ma communauté, c’est aussi risquer de m’éloigner de la Parole et du Pain de vie. Voilà, me semble-t-il, la question qu’il faut se poser ! Et ne jamais oublier que la vie chrétienne est une éternelle conversion…

 

  † Jean Gagnon

Évêque de Gaspé

Éditorial de l’évêque   septembre 2012

 

                   

Retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu

Le printemps dernier, le Pape Benoît XVI a annoncé solennellement la tenue d’une Année de la foi qui débutera le 11 octobre prochain pour souligner le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II et le 20e anniversaire du lancement du Catéchisme de l’Église catholique. Cet événement prendra fin le 24 novembre 2013, à la fête du Christ-Roi.

Par cette Année de la foi, le Saint Père désire donner une nouvelle impulsion à la mission de l’Église. «Il arrive désormais fréquemment, écrit-il, que les chrétiens se préoccupent davantage des conséquences sociales, culturelles et politiques de leur engagement, continuant à penser la foi comme un présupposé évident du vivre en commun.» En d’autres mots, ne nous arrive-t-il pas souvent de rencontrer plus d’enthousiasme pour les gestes qui entourent les rites religieux comme les baptêmes, mariages, funérailles que pour la vie de foi elle-même? Ou encore d’être davantage prêt à investir pour la préservation du patrimoine que pour l’avancement de la vie pastorale ? Pourtant, il ne peut pas y avoir de foi profonde sans un contact personnel et régulier avec le Christ vivant présent au cœur de nos vies et de nos communautés.

Trop de fidèles chrétiens aujourd’hui ressemblent à ces disciples, qui le soir de Pâques, s’en retournaient vers Emmaüs, avec l’idée qu’ils venaient de perdre leur espérance et surtout bien des illusions! Pour beaucoup de gens d’aujourd’hui, la vie se passe un peu comme une marche sans but dans un désert. On se réjouit occasionnellement de rencontrer un oasis, mais on ne sait pas trop où la vie nous conduit. On vit à court terme, puisqu’on n’est sûr de rien, surtout pas de l’avenir. Pourtant, saint Pierre ne nous dit-il pas que ce qui nous a délivrés de la vie sans but que nous menions, ce n’est ni l’or ni l’argent, mais le sang précieux du Christ! (voir : 1 Pi 1,18)

Être chrétien c’est être disciple du Christ. C’est se nourrir de son enseignement puisé dans la Parole de Dieu, se réjouir de sa présence proche au cœur de nos vies, célébrer et prier régulièrement, seul comme en communauté, le rencontrer dans toute personne, à commencer par nos plus proches et aussi tous ceux et celles qui sont dans le besoin.

C’est pourquoi la nouvelle année pastorale qui commence se vivra sous l’angle de la foi portée par la Parole de Dieu. Tout en gardant comme fil conducteur de faire de nos communautés des lieux d’évangélisation, nous nous attacherons à développer notre attachement à la Parole de Dieu tant pour nourrir nos propres vies que pour apprendre à l’offrir comme une Parole qui éclaire, rassemble et engage.

En ce début d’année pastorale, je souhaite à chacun et chacune d’approfondir le goût de se nourrir de la Parole de Dieu. Aux catéchètes, aux membres des équipes de pastorale, aux multiples bénévoles, aux pasteurs comme aux administrateurs paroissiaux : que cette Parole éclaire vos engagements et vous garde dans l’espérance.

 

 Jean Gagnon

Évêque de Gaspé

   Éditorial de l’évêque    juin 2012

 

L’Église se construisait et avançait…

Ces mots tirés des Actes des Apôtres (Ac 9, 31) montrent bien le regard de foi que l’auteur sacré, saint Luc, portait sur les premières communautés chrétiennes comme celles de Jérusalem et d’Antioche, et aussi sur les voyages missionnaires que saint Paul effectuait dans les grandes villes de son temps. C’était probablement des gestes qui passaient inaperçus aux yeux du plus grand nombre, mais dans son regard de foi Luc y voyait l’œuvre de l’Esprit.

Est-ce tellement différent chez nous, à ce moment-ci de notre histoire? Lorsque nous regardons avec l’œil de la foi ces centaines de catéchètes qui rencontrent des jeunes et des parents pour transmettre la Parole de Dieu, lorsque nous voyons des équipes de pastorale paroissiale réfléchir sur l’exercice d’orientation du Chantier Carême 2012 et des assemblées de Fabrique prendre un temps important pour penser l’avenir de leur communauté, lorsque nous voyons nos pasteurs et nos personnes engagées se rassembler à Bellefeuille pour retrouver un souffle nouveau et les membres des instituts religieux entendre le témoignage de nos missionnaires laïques, lorsque nous voyons encore les permanents diocésains parcourir le diocèse pour appuyer les responsables de nos communautés chrétiennes, comme saint Luc, ne voyons-nous pas l’Esprit à l’œuvre chez nous et notre Église qui se construit?

Je sais bien que certains regrettent l’unanimité et l’influence de l’Église du siècle dernier. Que d’autres sont attristés de voir que tous les secteurs pastoraux n’avancent pas au même rythme. Que d’autres encore voudraient que les adaptations et même les réformes en cours prennent place plus rapidement. Mais ceux et celles qui ont lu un peu d’histoire savent qu’il n’y a jamais eu d’Église idéale. Et que la plus belle Église pour nous, c’est celle que Dieu nous confie aujourd’hui. Celle d’hier est déjà passée. Celle de demain est certainement idéalisée.

Comme les centaines de pèlerins et pèlerines qui cheminent chaque année dans notre Gaspésie, il est bon de se rappeler que le plus important dans un pèlerinage, c’est ce qui se vit au quotidien dans notre marche, nos solidarités, nos succès et même nos dérives. C’est ce qui nous aura marqués à la fin de cette expérience de vie.

En terminant cette année pastorale, je veux remercier tous ceux et celles qui ont mis l’épaule à la roue pour que la Présence du Seigneur soit encore mieux glorifiée, sa Parole davantage connue et sa Charité rendue plus visible chez nous. Je veux, en votre nom dire notre reconnaissance à sœur Marcelle Roussy, qui avec son charisme de rassembleuse et son amour de la Parole de Dieu, laissera un héritage à poursuivre dans notre Église diocésaine. Et je veux souhaiter la bienvenue à Madame Angela Boucher, déjà responsable du dossier de la formation chrétienne, et qui prendra la relève de la coordination pastorale diocésaine. Ses engagements en paroisse comme au plan diocésain sont déjà un gage prometteur pour les années futures.

À tous et à toutes, un bel été ! Pendant cette saison plus éclairée, que notre Église continue de se construire et d’avancer ! Avec le souffle et la chaleur de l’Esprit !

† Jean Gagnon

Évêque de Gaspé

Éditorial de l’évêque     mai 2012

                

Une Église qui cherche à humaniser…

Le numéro de mai de l’Église de Gaspé présente de nombreuses initiatives de notre milieu qui concernent les disciples de Jésus dans leur volonté de rendre plus humaines les communautés où ils vivent. Ce désir de rendre notre monde meilleur nous vient de Jésus lui-même qui accueillait les malades, les infirmes, les personnes inquiètes, etc. Ce qui nous vaut la parole de saint Pierre dans les Actes des Apôtres : « Il a passé en faisant le bien. » (Ac 10, 38)

Cette volonté de rendre la vie meilleure s’affirme dans de multiples engagements de charité et d’entraide, mais aussi dans des considérations de justice envers tous et plus particulièrement envers les plus petits. L’ensemble de cette réflexion en Église a pris le nom de Doctrine sociale de l’Église. Nous trouvons là un ensemble de principes qui peuvent orienter la vie des chrétiens dans la vie en société comme le respect premier accordé aux personnes, la recherche du bien commun, de la solidarité, de l’entraide, et même d’avoir une « une option privilégiée pour les plus pauvres ».

C’est ainsi que le 1er mai de chaque année, à l’occasion de la Fête des travailleurs et des travailleuses, l’Assemblée des Évêques du Québec publie, depuis plus de quarante ans, un message qui vise à faire réfléchir sur la situation des personnes au travail. Cette année, le message manifeste une inquiétude concernant la condition des personnes qui, tout en ayant un emploi, vivent des situations de travail difficiles, mal rémunérées, précaires ou inutilement inconfortables. Comme chrétiens et chrétiennes, nous devons être préoccupés que tous trouvent dans la société une place où ils puissent s’épanouir : cela fait partie de la recherche légitime du bonheur.

Dans un autre domaine, à l’occasion du Carême, les chrétiens d’ici ont été appelés, comme chaque année depuis cinquante ans, à appuyer les engagements d’éducation et d’aide aux pays moins développés de l’organisme Développement et Paix. Mais du même coup, le récent budget fédéral vient de nous apprendre que l’appui gouvernemental aux organismes de ce genre était coupé de plus de trois cent millions de dollars, pendant qu’on en réservait vingt-cinq milliards pour acheter des avions de guerre ! Que faut-il penser d’un pays qui équilibre son budget en coupant les vivres aux plus pauvres et en investissant dans les instruments de guerre?

La sortie récente du Rapport de la Commission Mourir dans la dignité n’est pas sans nous questionner profondément sur le respect que nous donnons à la vie humaine. Accepter positivement le principe de l’euthanasie active, (c’est-à-dire sur les gestes qui causent directement et volontairement la mort et non seulement par accident, en voulant soulager la souffrance) c’est se donner un droit que les chrétiens n’accordent qu’à Dieu.

Par contre, comment ne pas se réjouir de la déclaration annuelle pour la Semaine québécoise des familles, comme aussi du geste du 22 avril dernier pour appuyer le Jour de la Terre ! Voilà autant d’initiatives qui permettent d’être Bonne Nouvelle pour notre monde d’aujourd’hui.

† Jean Gagnon

Évêque de Gaspé

Éditorial de l’évêque    avril 2012

 

Parce qu’Il est ressuscité !

 

Nous allons fêter Pâques dans quelques jours. Que nous révèle cette fête dans le creux de nos vies? Des souvenirs de notre enfance? Un doux folklore à la base de nos traditions? Une fête du printemps? Ou bien la proclamation de notre salut, c’est-à-dire de ce qu’il y a de plus important et qui donne sens à notre vie? En sommes-nous vraiment conscients? Sans doute nous le serons d’autant plus que nous aurons bien vécu les Jours saints et la Veillée pascale. Mais cela, nous sommes peu nombreux à le faire, ou à pouvoir le faire.

Et pendant que beaucoup de chrétiens d’ici taisent leur foi, d’autres croyants proclament la leur et exigent des « accommodements raisonnables » pour pouvoir l’afficher publiquement. Ces questions ne sont pas sans jeter le trouble en nous à certains moments. Il est vrai que les changements sociaux que nous vivons sont profonds, mais faut-il pour autant nous détacher des convictions qui nous identifient et donnent sens aux valeurs qui nous font vivre?

Car vivre sans valeurs, c‘est comme naviguer dans un bateau sans gouvernail. Un peu à gauche, un peu à droite au gré des événements. Puis quand les décisions importantes arrivent, on ne sait quoi faire. Et ne pas connaître la source de nos valeurs, c’est aussi vivre dans la fragilité ! C’est comme avoir égaré la carte qui justement nous permettait de diriger le navire.

Fêter Pâques pour un disciple de Jésus, c’est célébrer la résurrection de Celui que Dieu nous a envoyé pour nous dire le sens de notre vie (sa Parole) et nous donner les moyens pour arriver à conduire notre barque jusqu’au vrai port de notre vie : sa Parole, son Esprit, les sacrements.

Si le Christ n’est pas ressuscité, disait saint Paul, vaine est notre foi ! (1 Co, 15,2) Lui, comme les premiers témoins que furent les apôtres et les premiers disciples, nous ont transmis cette certitude. « Ce que nous avons vu de nos yeux et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons…» (1 Jn 1, 1-3), écrit aussi saint Jean.

Je souhaite que la Fête de Pâques ravive chez tous les chrétiens et les chrétiennes qui vivent dans notre Église diocésaine cette conviction joyeuse que Jésus, vrai homme et vrai Dieu, est vraiment ressuscité. Que les forces du mal et même la mort n’ont pas eu le dernier mot sur sa vie, sur la Vie. Et que cet événement est la source de notre joie, de notre espérance et du sens que prend notre existence de chaque jour. Il nous accompagne de sa présence, nous soutient par son Esprit; il nous éclaire par sa Parole et nous fait signe dans les sacrements, tel que nous l’ont transmis les premiers témoins.

C’est pourquoi, comme Paul, nous ne pouvons pas nous taire. « Malheur à moi, disait-il, si je n’annonce pas l’Évangile ! » (1Co 9,16) Mais fièrement nous voulons rayonner et témoigner de cette espérance qui nous nourrit et donne force et joie à notre vie.

Réjouissons-nous ! Christ est ressuscité ! Joyeuses Pâques !

                                                                                                                                                           † Jean Gagnon

Évêque de Gaspé

Éditorial de l’évêque    mars 2012

 

    

Jeûner par solidarité

Les évangélistes nous disent constamment comment Jésus, à la fois, proclamait la Bonne Nouvelle et guérissait les malades. De la même manière, à toutes les époques, les disciples de Jésus ont voulu poursuivre son action, en annonçant l’Évangile à tous les peuples, en accueillant tous les besoins humains et en cherchant à les combler à la manière du Maître. C’est ainsi que la vérité de la Parole est illustrée constamment par l’engagement et que le témoignage des disciples, est expliqué, à son tour, par la diffusion de la Bonne Nouvelle.

À ce propos, on trouve des propos intéressants du pape Benoît XVI dans le document qu’il vient de signer au Bénin, suite au dernier Synode des évêques d’Afrique : « La parole et le témoignage de vie vont de pair. Mais le témoignage seul ne suffit pas non plus, car le plus beau témoignage se révélera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié, – ce que saint Pierre appelait donner « les raisons de son espérance » (1Pi 3,1-15) – explicité par une annonce claire, sans équivoque du Seigneur Jésus ». (Africae Munus, 32)

C’est ainsi que deux organismes contribuent à ouvrir l’action de notre Église à la mission universelle du Christ : les Œuvres pontificales missionnaires qui soutiennent plus directement l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus et l’organisme Développement et Paix qui éduque le peuple chrétien d’ici à la solidarité universelle et appuie en notre nom des projets de développement dans divers pays du monde.

Chaque année, Développement et Paix profite du temps du Carême pour relancer son appel aux catholiques d’ici à la solidarité. Et en arrivant à Gaspé, il y a maintenant une dizaine d’années, j’ai été frappé par l’ingéniosité et la générosité des gens de la Gaspésie et des Îles à répondre à cet appel : repas de la faim, soupe populaire, vente de petits pains, etc. C’est tout à l’honneur de nos communautés chrétiennes ! Cette année encore, nous sommes conviés à poser des gestes de partage et de solidarité pendant le Carême qui commence.

Pourquoi ne pas lier nos gestes de partage à l’appel au jeûne que nous retrouvons souvent dans les Écritures mais qui ne fait plus beaucoup partie de nos mœurs de société de consommation? Jeûner pour penser à l’autre qui a moins. Jeûner pour économiser et partager le fruit de notre jeûne ne serait-il pas un geste cohérent avec l’appel que nous relance le prophète Isaïe, au début du Carême : « Quel est donc le jeûne qui me plaît? N’est ce pas faire tomber les chaînes injustes… partager ton pain avec celui qui a faim… ne pas te dérober devant ton semblable? » (Is  58, 7)

Jeûner pour partager serait sans doute pour chacun et chacune de nous une bonne occasion de réaliser que « l’homme ne vit pas seulement de pain » (Mt 4,4). Ce serait aussi donner une réponse concrète aux appels que nous lancera bientôt Développement et Paix. Partager et vivre la solidarité peut devenir un puissant moyen de vivre en acte et en vérité ce que nous professons lorsque nous affirmons que Dieu est notre Père et qu’il veut également le bien de tous ses enfants.

† Jean Gagnon

Évêque de Gaspé

Éditorial de l’évêque    Février 2012

Les sacrements de guérison

Le 11 février prochain, nous célébrerons la Journée mondiale des malades. La maladie est un état qui nous atteint tous et toutes à un moment ou l’autre de la vie. Mais dans un siècle où la longévité est le sort d’un très grand nombre, elle devient encore plus visible socialement et elle atteint beaucoup de personnes que nous connaissons. C’est pourquoi il est bon de prendre conscience que les personnes malades ou d’un grand âge doivent prendre une place de plus en plus grande dans la vie, la pensée et la prière de nos communautés chrétiennes. À toutes les personnes malades de notre Église diocésaine, nous exprimons notre sollicitude et notre affection.

Le message que le Saint Père a délivré à cette occasion mérite vraiment notre attention alors qu’il met l’accent sur la guérison qu’apportent les sacrements préparés et reçus dans la foi. Cette année, écrit-il, je voudrais mettre l’accent sur les sacrements de guérison, c’est-à-dire sur le sacrement de la réconciliation et sur celui de l’onction des malades qui culminent naturellement dans la communion eucharistique.

En effet, une lecture attentive des Évangiles nous montre comment Jésus ne sépare pas la guérison spirituelle de la guérison du corps. Au malade qu’on avait descendu par le toit ouvert d’une maison afin qu’il parvienne à voir Jésus, celui-ci commence par lui dire : Mon enfant, tes péchés sont remis. Et devant l’étonnement des scribes, Jésus demande ce qu’il est plus facile de faire : guérir le corps ou le cœur? Et il dit encore au paralytique : Prends ton grabat et rentre chez toi ! (Mc 2, 5-11) Et partout ailleurs dans l’Évangile, les évangélistes nous disent régulièrement que Jésus « proclamait la Bonne nouvelle et guérissait les malades.»

Dans son message, le Saint Père nous dit encore : La lecture des Évangiles met clairement en évidence la façon dont Jésus a toujours accordé une attention particulière aux malades. Il a non seulement invité les disciples à soigner les plaies, mais il a également institué un sacrement spécifique pour eux, l’onction des malades. Par ce sacrement, accompagné de la prière des prêtres, toute l’Église recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié afin qu’il allège leurs peines et les sauve. Ce sacrement mérite aujourd’hui une plus grande considération, dans la réflexion théologique comme dans l’action pastorale auprès des malades.

En cette Journée mondiale des malades, j’aimerais remercier de façon particulière les pasteurs, les animateurs et les animatrices de pastorale et les bénévoles qui donnent de leur temps pour  accompagner les malades dans nos centres hospitaliers. Leur ministère de guérison est une belle image de la sollicitude de Jésus pour tous ceux et celles qui lui demandaient : « Seigneur, guéris moi ! » Notre appui et notre admiration vont aussi à tous ceux et celles qui dans le secret de chaque maison s’occupent d’une personne parente, voisine ou amie, de même qu’à toutes les personnes qui sont à l’œuvre dans nos centres hospitaliers et nos centres d’accueil. À tous et toutes le Seigneur dit encore aujourd’hui : J’étais malade et vous m’avez visité. (Mt 25, 36)

† Jean Gagnon

Évêque de Gaspé

Éditorial de l’évêque      Janvier 2013

 

Dieu seul peut donner le bonheur qui dure

 

S’il y a une chose importante pour tout être humain, c’est bien de chercher à être heureux. Mais le chemin du bonheur n’est pas évident à trouver. Et nous le cherchons de tout côté. Pour les uns, ce sont les joies de la vie familiale et conjugale. Mais hélas !, des drames trop nombreux nous montrent que rien n’est facile sans y mettre beaucoup du sien et encore ! Pour d’autres, c’est la vie professionnelle. Mais celle-ci comporte souvent des imprévus qui viennent ternir l’idéal projeté. Pour d’autres encore, ils pensent que c’est le changement de gouvernement qui améliorera leur sort. Mais les nouvelles télévisées ne finissent pas de nous faire voir des peuples déçus par les gouvernements qu’ils viennent d’élire. D’autres plus nombreux cherchent du côté de l’enrichissement personnel et de la consommation, mais nous avons vu suffisamment d’exemples, ces derniers temps, de situations où le désir de la richesse a conduit à la corruption et à l’injustice. C’est pourquoi nous rencontrons tous les jours des gens tristes et malheureux de ne pas avoir trouvé le bonheur qu’ils désirent depuis longtemps.

Nous sortons du temps des Fêtes. Que retenons-nous des enseignements de la Parole de Dieu proclamée dans nos rassemblements liturgiques? Les prophètes de l’Ancien Testament nous ont répété inlassablement que Dieu seul a les promesses de bonheur qui dure. Ce sont aussi les événements que nous avons célébrés à Noël qui nous ont rappelé comment Dieu a voulu se faire proche de l’humanité par la naissance de Jésus, lui dont le nom signifie Sauveur. Lui que l’ange a aussi appelé Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous !

Si notre foi a été ravivée par les mystères célébrés en ce temps des Fêtes, nous devrions avoir encore plus cette conviction que Dieu est toujours proche de nous et qu’avec lui, il n’y a pas de situation bloquée !

Nous entreprenons maintenant une nouvelle année. Que sera 2013 pour nous? Que sera-t-elle aussi pour notre monde et pour notre Église? Une chose est sûre : si notre foi est vive dans la Parole de Dieu et sa présence, nous avancerons dans la confiance. « L’herbe se dessèche et la fleur se fane, mais la Parole de Dieu demeure pour toujours », nous dit Isaïe (40, 8). « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » nous a redit Jésus. (Mt 28, 20)

En cette nouvelle année qui commence, je vous souhaite donc de vivre comme des êtres de foi, des personnes à la confiance inébranlable dans l’amour de Dieu, parce que de lui seul peut venir le bonheur véritable. Je vous souhaite aussi d’être des personnes d’espérance, comme saint Paul qui écrivait dans les moments difficiles de sa mission : « Je peux tout en Celui qui me fortifie (   ) Je vous souhaite d’être des personnes remplies d’amour et de compassion car Jésus nous a dit que c’est à ce signe qu’on nous reconnaîtra. » (Jn 13, 35)

Et rappelons-nous que pour Dieu il n’y a pas de situation insoluble ! Notre Dieu est un Dieu qui nous aime et ne veut que notre bonheur. Nous qui croyons en Jésus-Christ, que l’exemple de notre vie soit contagieux et rende désirable la confiance en l’amour de Dieu qui est à la source du bonheur des humains.

 

Jean Gagnon, Évêque de Gaspé