Catéchuménat

Les conférences du Colloque sur le catéchuménat

tenu en octobre 2011

Suite au Colloque sur le catéchuménat et l’éducation chrétienne des adultes, qui a eu lieu à Saint-Augustin-de-Desmaures les 12, 13 et 14 octobre 2011, les conférences présentées alors ont été placées sur le site Internet ECDQ.

Homélie de Mgr Pierre-André Fournier

Conférence de M. Alain Gignac

Conférence de M. Daniel Laliberté

Conférence de M. Robert Mager

Voici le lien à cliquer pour accéder à la page affichant cette homélie et ces conférences:

http://www.ecdq.tv/fr/videos/cdf1035c34ec380218a8cc9a43d438f9

 

 

Cette page du site web du diocèse vous offre aussi des textes parus dans le bulletin  l’Église de Gaspé (numéros de mars, avril, mai et juin 2008) sur le catéchuménat.

 Vous y  trouvez la politique sur le catéchuménat : Initier et accompagner des adultes au Baptême, à la Confirmation et à l’Eucharistie. Ces textes vous donneront un aperçu global sur le sujet.

 

  1. À l’origine : une demande
  2. Qu’est-ce que le catéchuménat
  3. Le catéchuménat en trois temps
  4. Les rites
  5. L’accompagnement personnalisé
  6. Rôle de la communauté chrétienne
  7.  Le contenu

                Les documents insistent sur les quatre pôles suivants :

-La profession de foi

-Le précatéchuménat

-Le catéchuménat

-Le temps de la mystagogie

      8. La durée

 Il est bon de s’informer sur l’engagement que l’on prend avant de faire suite à une demande d’accompagnement d’un adulte.

 Pour des informations supplémentaires vous pouvez consulter le site WEB de l’Office de catéchèse du Québec (OCQ) : www.officedecatechese.qc.ca à « Contact Catéchuménat ».

Document sur le catéchuménat

 Tiré de « Politique sur le catéchuménat », Diocèse de Saint-Jérôme, 2007, 42 pp.

 1. À l’origine : une demande

Le catéchuménat et la démarche qu’il suppose commencent toujours par une demande, celle d’être baptisé. Accueillir la demande est donc le point de départ de toute démarche catéchuménale. Celle-ci est davantage de l’ordre du désir. « J’aimerais être baptisé » dira simplement l’adulte. Derrière cette courte phrase le croyant décèle déjà une manifestation de l’Esprit.

Il n’est pas évident aujourd’hui pour un adulte de frapper à la porte d’une paroisse et de demander un sacrement à l’Église catholique. Le premier réflexe à avoir en est un de réjouissance. C’est ainsi que s’amorce le dialogue pastoral. D’abord se réjouir puis écouter, c’est-à-dire lui permettre d’exprimer ce qui se passe dans sa vie pour adresser à l’Église catholique une telle demande. La plupart du temps, ce qui pousse l’adulte à formuler sa demande ne date pas d’hier. Il faut donc prendre le temps d’écouter. Les questions que formulera l’intervenant doivent être respectueuses de l’adulte et de son cheminement de vie et de foi. Il ne devrait pas ressembler à un interrogatoire qui a pour but de remplir un formulaire. « Racontez-moi ce qui vous amène à formuler une telle demande » plutôt que « Pourquoi voulez-vous être baptisé ? ». Le dialogue ainsi engagé prendra une teinte toute différente.

2. Qu’est-ce que le catéchuménat ?

Le catéchuménat est une démarche d’initiation chrétienne qui s’adresse à des adultes qui demandent à recevoir les sacrements d’initiation que sont le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Cette démarche comporte trois temps, dans lesquels on retrouve plusieurs rites, le soutien d’une communauté chrétienne, un accompagnement individuel, des catéchèses menant à la profession de foi, une initiation à la prière, à la vie communautaire et à la pratique de la vie chrétienne, le tout s’inscrivant dans une  certaine durée.

3. Le catéchuménat en trois temps

La démarche catéchuménale se divise en trois temps. Le premier, appelé précatéchuménat est un temps d’accueil et de mûrissement de la demande. On nomme candidat ou candidate au baptême, l’adulte qui commence la démarche.

Le deuxième temps est celui du catéchuménat proprement dit. Il se subdivise en deux parties. La première est un temps de formation pendant lequel l’adulte participe à des activités catéchétiques qui favoriseront une maturation de sa foi en Christ et permettront son initiation aux diverses pratiques chrétiennes. Elle débute par le rite de l’entrée en catéchuménat. La deuxième partie appelée préparation ultime est une période intensive qui dure le temps du Carême qui précède immédiatement le baptême. Elle débute par le rite de l’appel décisif présidé par l’évêque le premier dimanche du Carême et se termine par le baptême célébré durant la veillée pascale. « Cette période est aussi l’occasion, pour les catéchumènes, de se repréciser les choix qu’ils ont faits et qu’ils auront toujours à faire, d’affermir leur désir continuel de conversion ». Durant le temps du catéchuménat, le candidat au baptême est appelé catéchumène.

Le troisième temps appelé mystagogie permet aux nouveaux baptisés de « se prendre en main, de s’insérer dans le tissu ecclésial et de s’initier aux mystères de la foi ». On utilise aussi le terme néophytat pour parler de ce temps. Le terme mystagogie signifie « introduction aux mystères », alors que le terme néophytat a le sens plus concret de la période qui suit immédiatement le baptême, période correspondant au temps pascal (de Pâques à la Pentecôte).

4. Les rites

Les catéchumènes étant aussi initiés par les sacrements et les étapes liturgiques, plusieurs rites marquent donc la démarche catéchuménale. Tout au long du processus, il est recommandé de célébrer la Parole de Dieu et d’introduire des temps de prière communautaire et personnelle afin d’initier l’adulte à ces pratiques. Par ailleurs, plus on s’approche du baptême, plus les rites deviennent nombreux. Dans le deuxième temps du catéchuménat, se trouvent des rites spécifiques dont certains doivent être célébrés à des moments précis.

Le premier rite important est la célébration d’entrée en catéchuménat qui se vit habituellement dans la paroisse du catéchumène. Suivront d’autres rites qui, tout au long de cette période, viendront baliser la route des catéchumènes de célébrations et de gestes qui seront autant de repères pour eux. Il s’agit de célébrations de la Parole vécues dans le groupe des catéchumènes ou à l’intérieur même de l’assemblée dominicale qui pourraient inclure les bénédictions des catéchumènes, les premiers exorcismes, l’onction avec l’huile des catéchumènes, la remise du Notre Père et du Credo.

L’appel décisif est la célébration qui rassemble les catéchumènes dont le baptême est prévu à la prochaine veillée pascale. Elle doit être célébrée le premier dimanche du Carême et présidée par l’évêque, habituellement dans la cathédrale. Suivent en paroisse, les trois scrutins* qui sont célébrés les 3e, 4e et 5e dimanches du Carême en présence de la communauté chrétienne.

*À l’occasion de ces célébrations, la communauté rassemblée prie le Seigneur de donner aux catéchumènes la force d’aller jusqu’au bout de leur cheminement.

Enfin, dans la journée du samedi saint, ou dans les jours précédents, les catéchumènes qui seront baptisés en soirée sont invités à vivre un ou plusieurs des rites suivants : la reddition du symbole (rite consistant à proclamer publiquement sa foi), le rite de l’Effétah, l’onction d’huile des catéchumènes. Puis vient la veillée pascale au cours de laquelle sont célébrés les trois sacrements de l’initiation chrétienne* : le baptême, la confirmation et l’eucharistie.

*Célébrés en paroisse à l’occasion de la veillée pascale, les sacrements de l’initiation chrétienne sont généralement donnés dans l’ordre suivant : baptême – confirmation – eucharistie. Toutefois, l’évêque peut choisir de conférer lui-même le sacrement de confirmation à une date ultérieure.

5. L‘accompagnement personnalisé

Chaque candidat au baptême doit être accompagné personnellement par un adulte croyant qui sera appelé accompagnateur ou accompagnatrice. Le premier rôle de la personne accompagnatrice est d’accueillir la demande de baptême dans un dialogue pastoral avec le candidat. Durant toute la période de l’initiation chrétienne, la personne accompagnatrice rencontre l’adulte et lui permet d’exprimer ce qu’il ressent, les doutes comme les joies, et veille à ce qu’il puisse formuler les questions qu’il porte. De plus, elle peut échanger avec celui-ci sur des lectures et partager des expériences vécues. La personne accompagnatrice veillera à initier le dialogue avec le plus grand respect et dans une entière liberté.

La personne accompagnatrice demeure en lien avec le candidat tout au long du processus. Elle l’accompagne aux différentes célébrations et demeure disponible au nouveau baptisé pendant le temps de la mystagogie. Enfin, la personne accompagnatrice demeure un témoin privilégié de la foi chrétienne.

6. La communauté chrétienne

L’adulte qui demande à être baptisé, demande par le fait même à intégrer l’Église. La présence et le soutien de la communauté chrétienne sont donc essentiels. Le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes (RICA) l’exprime de la manière suivante : « C’est au peuple de Dieu, […] que revient en premier lieu le soin de préparer au baptême et de former les chrétiens ». La communauté chrétienne est représentée de manière particulière, par les personnes qui accompagnent les catéchumènes et le groupe de soutien. Ce dernier, composé de personnes croyantes d’une même paroisse, a pour fonction de soutenir le cheminement des candidats au baptême. « La communauté chrétienne porte la responsabilité de l’accueil des nouveaux venus. […] Celle-ci est partie prenante tout au long du cheminement et au-delà de l’initiation elle-même ».

Ainsi, le catéchuménat ne peut, en aucune circonstance, se vivre exclusivement entre un adulte demandeur et une personne accompagnatrice ou un catéchète. Par ailleurs, le soutien et la présence de la communauté varient selon les temps du catéchuménat où l’adulte se trouve.

Durant le précatéchuménat, la présence de la communauté se fait plus discrète, car l’adulte qui s’est adressé à l’Église doit avant tout exercer un discernement et affermir son désir de devenir chrétien. Il ne doit pas ressentir de pression, afin que son choix soit fait dans la plus grande liberté. Concrètement, la visibilité et le soutien de la communauté s’expriment en premier lieu par les rencontres avec la personne accompagnatrice représentant la communauté chrétienne. Après un certain temps, les membres du groupe de soutien se joignent à la personne accompagnatrice, afin de célébrer modestement l’accueil de la demande de baptême.

Durant le catéchuménat proprement dit, la communauté chrétienne se fait de plus en plus visible et le groupe de soutien de plus en plus présent. Après la célébration de l’entrée en catéchuménat, il est souhaitable d’inscrire les catéchumènes à la prière universelle. Des paroissiens et paroissiennes peuvent également s’engager personnellement à prier chaque jour pour l’un ou l’autre des catéchumènes. De plus, tout au long de la démarche, les catéchumènes gagneront à rencontrer des croyants et des croyantes, afin d’entendre leur témoignage de foi et d’engagement. La période de préparation ultime favorise la visibilité de la communauté puisque plusieurs des rites prévus à cette occasion seront célébrés à l’intérieur de la messe dominicale. Il est important que le groupe de soutien soit représenté aux célébrations, même si celles-ci se vivent à l’extérieur de la paroisse.

Durant le temps de la mystagogie, il est important que la communauté chrétienne demeure présente, entre autres par l’intermédiaire de la personne accompagnatrice. Après la veillée pascale, cette dernière reprend contact avec le néophyte. La mystagogie utilise traditionnellement une méthode qui consiste d’abord à faire vivre le rite et à le déployer ensuite.

Puisque le catéchuménat est un phénomène nouveau au Québec, il faudra prendre du temps pour informer et sensibiliser la communauté au rôle important qu’elle joue auprès de ces adultes. Leur accueil, leur tolérance, leur expression de joie seront autant de témoignages que le futur et nouveau baptisé est le bienvenu même s’il bouscule quelque peu les habitudes de la communauté. Nous le savons, l’Esprit Saint crée de nouvelles ouvertures qui mènent au témoignage et à l’évangélisation.

7. Les contenus

Les documents de référence insistent pour que les quatre pôles suivants soient développés :

a) La profession de foi chrétienne que les catéchèses doivent déployer suppose que l’on présente au catéchumène le Dieu trinitaire et l’Église. Mais le Guide du RICA nous met en garde : « Elle (la catéchèse) ne se réduit pas à la mise en œuvre d’un catéchisme. Il s’agit, pour les catéchumènes, de découvrir la Parole de Dieu et la foi de l’Église pour pouvoir faire leur cette foi ».

b) Initier à la prière veut dire non seulement présenter les différentes formes de prière chrétienne, personnelle et communautaire, mais aussi permettre à l’adulte de les vivre.

c) La vie ecclésiale sera présentée à travers ses quatre fidélités (fraternité, célébration, éducation de la foi et engagement) afin de permettre au catéchumène « d’entrer progressivement dans le groupe de ceux qui reconnaissent le Christ comme leur Seigneur et se reconnaissent membres de son corps, pour une mission de témoignage et d’annonce du Royaume ».

d) La pratique de la vie chrétienne traitera des questions morales et éthiques auxquelles est confronté le chrétien d’aujourd’hui dans sa vie quotidienne puisque « faire place à Dieu dans sa vie et se mettre à la suite du Christ implique, pour les catéchumènes, une existence en écho à la Parole de Dieu et à ses appels ».

Au précatéchuménat, le contenu est de l’ordre d’une première découverte. Partant du cheminement personnel du candidat, il s’agit de le familiariser avec le livre de la Parole de Dieu et lui permettre de découvrir le Dieu de Jésus Christ.

Au temps du catéchuménat, le candidat entre dans une période plus intense de son initiation et de son intégration dans la communauté chrétienne. C’est ici que les différents outils catéchétiques seront mis à profit. Rappelons également, que c’est lors de ce deuxième temps que se vivent la majorité des rites prévus par la démarche catéchuménale puisque ceux-ci sont des lieux importants d’initiation et d’apprentissage.

Au temps de la mystagogie, les néophytes ont à poursuivre leur découverte de la foi avec le soutien de leurs frères et sœurs. Ensuite, l’apprentissage passe surtout par la participation à la vie de la paroisse ou d’une autre communauté chrétienne, par la méditation de l’Évangile, par la prière personnelle, par l’exercice de la charité et par l’engagement dans le monde, comme tout baptisé est appelé à le faire.

Les outils qui existent contiennent tous un certain nombre de rencontres catéchétiques qui seront complétées par des liturgies, des témoignages de croyants engagés, des visites de lieux inspirants, et/ou la découverte d’œuvres d’art religieux. De plus, il serait pertinent de leur permettre de vivre des expériences ecclésiales et de solidarité sociale de toutes sortes, afin de toucher les quatre fidélités mentionnées précédemment.

8. La durée

Aucun document de référence ne donne de manière précise le temps que doit durer une démarche catéchuménale. On insiste plutôt sur trois aspects. D’abord, le temps est nécessaire, non pas pour imposer à tout prix un cadre ou étirer indûment la démarche, mais pour laisser le temps à la foi naissante de s’épanouir, de mûrir. Ensuite, la durée varie selon le candidat, dépendamment de sa participation et de sa capacité à intégrer. Enfin, les étapes et les rites sont à respecter ainsi que le temps de l’année liturgique où ils doivent se vivre. Concernant la durée du catéchuménat, voici ce que nous dit le RICA : quoiqu’elle peut paraître évidente, une dernière chose doit être dite concernant le temps que devrait durer l’initiation d’un adulte au baptême : le catéchuménat comporte une fin. Il doit donc, à un moment donné, se terminer. Rappelons-nous que la maturation de la foi est le travail de toute une vie et que nul baptisé ne peut prétendre tout savoir, tout comprendre et avoir tout expérimenté dans le domaine de la foi. Comme le Guide pastoral français nous le rappelle : « Rien ne sert de vouloir aller trop vite. Mais il n’est pas bon non plus de faire durer excessivement ».