Juin 2012

   Éditorial de l’évêque    juin 2012

 

L’Église se construisait et avançait…

Ces mots tirés des Actes des Apôtres (Ac 9, 31) montrent bien le regard de foi que l’auteur sacré, saint Luc, portait sur les premières communautés chrétiennes comme celles de Jérusalem et d’Antioche, et aussi sur les voyages missionnaires que saint Paul effectuait dans les grandes villes de son temps. C’était probablement des gestes qui passaient inaperçus aux yeux du plus grand nombre, mais dans son regard de foi Luc y voyait l’œuvre de l’Esprit.

Est-ce tellement différent chez nous, à ce moment-ci de notre histoire? Lorsque nous regardons avec l’œil de la foi ces centaines de catéchètes qui rencontrent des jeunes et des parents pour transmettre la Parole de Dieu, lorsque nous voyons des équipes de pastorale paroissiale réfléchir sur l’exercice d’orientation du Chantier Carême 2012 et des assemblées de Fabrique prendre un temps important pour penser l’avenir de leur communauté, lorsque nous voyons nos pasteurs et nos personnes engagées se rassembler à Bellefeuille pour retrouver un souffle nouveau et les membres des instituts religieux entendre le témoignage de nos missionnaires laïques, lorsque nous voyons encore les permanents diocésains parcourir le diocèse pour appuyer les responsables de nos communautés chrétiennes, comme saint Luc, ne voyons-nous pas l’Esprit à l’œuvre chez nous et notre Église qui se construit?

Je sais bien que certains regrettent l’unanimité et l’influence de l’Église du siècle dernier. Que d’autres sont attristés de voir que tous les secteurs pastoraux n’avancent pas au même rythme. Que d’autres encore voudraient que les adaptations et même les réformes en cours prennent place plus rapidement. Mais ceux et celles qui ont lu un peu d’histoire savent qu’il n’y a jamais eu d’Église idéale. Et que la plus belle Église pour nous, c’est celle que Dieu nous confie aujourd’hui. Celle d’hier est déjà passée. Celle de demain est certainement idéalisée.

Comme les centaines de pèlerins et pèlerines qui cheminent chaque année dans notre Gaspésie, il est bon de se rappeler que le plus important dans un pèlerinage, c’est ce qui se vit au quotidien dans notre marche, nos solidarités, nos succès et même nos dérives. C’est ce qui nous aura marqués à la fin de cette expérience de vie.

En terminant cette année pastorale, je veux remercier tous ceux et celles qui ont mis l’épaule à la roue pour que la Présence du Seigneur soit encore mieux glorifiée, sa Parole davantage connue et sa Charité rendue plus visible chez nous. Je veux, en votre nom dire notre reconnaissance à sœur Marcelle Roussy, qui avec son charisme de rassembleuse et son amour de la Parole de Dieu, laissera un héritage à poursuivre dans notre Église diocésaine. Et je veux souhaiter la bienvenue à Madame Angela Boucher, déjà responsable du dossier de la formation chrétienne, et qui prendra la relève de la coordination pastorale diocésaine. Ses engagements en paroisse comme au plan diocésain sont déjà un gage prometteur pour les années futures.

À tous et à toutes, un bel été ! Pendant cette saison plus éclairée, que notre Église continue de se construire et d’avancer ! Avec le souffle et la chaleur de l’Esprit !

† Jean Gagnon

Évêque de Gaspé