Pastorale sociale

Eileen automne 2012

 

 

 

 

 

Eileen Perry
Responsable diocésaine de la Pastorale sociale

« Pour l’Église du Québec 1, la pastorale sociale, c’est l’ensemble des activités visant la promotion de la justice sociale, le respect des droits humains et de la dignité de la personne, ainsi que le changement et la transformation des rapports sociaux et des structures de nos sociétés, afin qu’elle devienne davantage en conformité avec le projet évangélique de Jésus. »

Plusieurs de ceux et celles qui ont réfléchi à la place qui est accordée aux dimensions sociales de la foi dans l’animation de nos communautés reconnaissent sa faible importance. Pourtant cette dimension est un critère d’authenticité de la foi que nous confessons.

Si nous voulons devenir des communautés qui évangélisent, il nous faut développer cet aspect de notre mission comme nous le dit Paul VI : «L’évangélisation comporte un message explicite, adapté aux diverses situations, constamment actualisé, sur les droits et les devoirs de toute personne humaine, sur la vie familiale sans laquelle l’épanouissement personnel n’est guère possible, sur la vie en commun en société, sur la vie internationale, la paix, la justice, le développement ; un message particulièrement de nos jours sur la libération »2. Jean-Paul II reprend exactement la même affirmation : « L’enseignement et la diffusion de la doctrine sociale font partie de la mission d’évangélisation de l’Église »3.

Le service diocésain de pastorale se présente comme un outil, un carrefour et une ressource afin de stimuler la participation des baptisés et des communautés chrétiennes au développement d’une société plus humaine et plus juste; de favoriser des démarches individuelles et collectives au niveau des causes des problèmes socio-économiques; de faire naître des projets pour répondre à de nouveaux besoins identifiés et non résolus; et de susciter la prise de parole écrite.

La pastorale sociale inclut aussi un travail pour la justice par une solidarité étroite avec les personnes appauvries en lien avec les organismes de défense de droits et de services. Ce travail consiste à faire reconnaitre la dignité de toute personne, à contrer les préjugés et à faire ressortir les causes systémiques des inégalités sociales. Le pape François dans son encyclique « Loué sois-tu »  invite à un engagement fort et sans équivoque de la part de l’Église catholique pour la sauvegarde de la maison commune, de ses ressources naturelles et humaines.

 http://www.eveques.qc.ca/encycliques/LaudatoSi.pdf

Considérant ces défis stimulants, en tant que représentante du diocèse, je participe aux différentes rencontres concernant la pastorale sociale. Cette page vous présentera donc des textes d’actualité afin de conscientiser les membres de la communauté chrétienne aux réalités sociales.

 

Eileen Perry

Responsable de la pastorale sociale

418 368-2274

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1-     Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec, Éléments d’orientations en pastorale sociale, Montréal, publié par ID, 18 février 1993, 9 pages.

2-     Paul VI, Evangelii nuntiandi, no 30.

3-     Jean-Paul II, Sollicitudo rei socialis, no 41.

 

Journée d’étude sur la dimension sociale de la foi

Le 8 mars 2017 a eu lieu au Cap-de-la-Madeleine une session d’étude portant sur la dimension sociale de la foi, préparée par le conseil Église et Société. Il s’agissait de voir comment, dans la mouvance de la Joie de l’Évangile, Laudato Si et La Joie de l’Amour, la dimension sociale de la foi, une dimension de la foi qui n’est pas optionnelle, se déploiera au Québec, dans la perspective du tournant missionnaire. En plus des évêques, plusieurs membres de la Table de pastorale sociale, les répondantes à la condition des femmes (deux groupes partenaires du CÉS) étaient présents, ainsi que plusieurs personnes intéressées par l’avenir de la pastorale sociale au Québec. La litanie pour le 8 mars (Journée internationale des femmes) a été récitée par des répondantes. Mgr Pierre Morisette a ensuite introduit la thématique. Les panélistes : M. Jacques Racine, Mme Andrée Larouche et Mme Nadia –Éléna Vacaru nous ont aidés à réfléchir sur des propositions d’avenir. En voici la compilation :

  1. Je me déplace pour me rendre proche des personnes qui passent au travers des mailles du filet : aînés abandonnés personnes ex-psychiatrisées, personnes judiciarisées, personnes émigrantes, personnes réfugiées, personnes autochtones, jeunes blessés.
  2. Comme communauté ecclésiale, retrouver un discours et des actions prophétiques en ayant une sollicitude pour les personnes laissées pour compte et exclues de notre société (migrants, problème de santé mentale, enfants défavorisés, mères sans scolarité, communautés éloignées…)
  3. Accueillir, recevoir et aider les pauvres de bonheur
  4. Je me mets à l’écoute – J’observe – Je dresse un inventaire – Je me mets en contact, je réinvente la relation dans l’esprit de Mt 25.
  5. Recomposer des lieux pour VOIR et ENTENDRE les blessures (cris) et l’Évangile à l’œuvre.
  6. Créer des lieux et des réseaux inclusifs pour le discernement, l’analyse, la concertation et une prise de parole fondée et percutante.
  7. Développer et soutenir le partenariat et le réseautage avec les groupes communautaires ecclésiaux et non ecclésiaux (table de concertation).
  8. Travailler avec d’autres partenaires pour relever les grands défis de justice sociale.
  9. Action : Encourager avec humilité des partenariats avec des acteurs du milieu social. Reconnaître ce qui existe déjà et travailler avec; faire, faire avec et faire faire; Pour, Par et Avec; Prise de parole publique en défense de ces espaces de partenariat.
  10. Développer des projets concrets, en partenariat avec d’autres organismes communautaires, avec une attention particulière pour les familles blessées.
  11. Intégrer la dimension sociale de la Foi, de manière transversale, dans tous les aspects de la formation à la vie chrétienne en Église (APL/Diacres/Prêtres/Évêques).
  12. Redéfinir le sens de la pastorale sociale et ses stratégies à partir de l’espérance du règne de Dieu.
  13. Se recentrer sur le véritable charisme du christianisme social (qui n’est pas la charité ou la pastorale sociale).
  14. Reconnaître les différentes sortes de pauvreté en intégrant Foi et Engagement social.
  15. Former des baptisés (es) à la transformation du monde : en partenariat.
  • Parole de Dieu actualisée
  • Créer un réseau de christianisme social au Québec
  • Analyse sociale
  1. Sensibiliser les croyants à la dimension sociale de la foi entre autres : par la liturgie, préparation pénitentielle, homélie, prières universelles, catéchèse.
  2. Former des ministres de l’écoute et de la compassion – Avoir des lieux d’accueil. Développer une parole plus forte (prophétique) qui porte sur des structures, une parole radicale (ex. : la question des migrants) évêques et laïcs ensemble.
  3. Formation : Promouvoir la doctrine sociale de l’Église et l’engagement social dans les parcours de formation à la vie chrétienne (homélie, catéchèse, formation des prêtres), en se servant de la richesse de nos organisations : Développement et Paix, Église verte, Mouvements d’actions catholiques.
  4. Formation (savoir, savoir-être, savoir-faire) au lien évangélisation – pastorale sociale : de tous les intervenants des nombreux bénévoles, de tous les fidèles.
  5. IMMIGRATION : Accueillir et accompagner (supporter, revendication des droits, etc.)… en se laissant transformer par eux.

J.S.Q 2017 :

Hommage à sœur Yvonne Bergeron, CND, et Florent Villeneuve

 

Les dernières Journées sociales du Québec à Chicoutimi, des 5, 6 et 7 mai derniers, avaient pour thème « L’économie sociale : pour quel monde? ». Plusieurs conférenciers dont Jean Martin Aussant, Suzanne Tremblay, Nathalie Thibault, Éric Rousseau, Élaine Rochon, Martin Tremblay nous ont aidés à discerner les principaux enjeux actuels et identifier des pratiques pertinentes d’économie sociale et solidaire, particulièrement au Québec. Le prix Guy-Paiement a été remis conjointement à sœur Yvonne Bergeron, CND, et Florent Villeneuve, un prêtre de Chicoutimi. Voici un extrait de l’hommage que leur a rendu Lise Baroni Dansereau. 

Quel honneur vous me faites ! Déjà d’être avec Yvonne et Florent sur cette scène alors que ce sont les dernières Journées sociales telles que nous les avons connues tous les trois… et en plus, leur rendre hommage, me touche profondément. Vraiment, ça méritait cette traversée du fleuve et ces deux jours de voyage… car, Yvonne et Florent, j’aime chacun de vous particulièrement… et je vous aime les deux ensemble, tout autant.

Pour leur rendre hommage, je ne m’adjoindrai pas n’importe qui. Il est Galiléen. Il s’appelle Jésus et vient de la ville de Nazareth. Il est un des plus grands maîtres spirituels de l’histoire des religions… comme d’autres grands maîtres bouddhistes, hindous ou chrétiens, il inspire encore aujourd’hui d’innombrables chercheurs de sens… dont nous toutes et tous ici et, bien sûr, Yvonne et Florent. Comme tous les guides spirituels le font un jour ou l’autre, il laissa monter dans le cœur de la petite Yvonne et du petit Florent devenus adolescents une interrogation embêtante : « Que cherchez-vous ? » Que désirez-vous vraiment ? Que veux-tu faire de ta vie, ma belle Yvonne? Que veux-tu faire de ta vie, mon beau Florent ? Interloqués, un peu gênés, ils demeurent d’abord silencieux… on est tellement mêlé à ces âges-là… Puis, comme l’ont fait dans le temps les disciples de Jésus, ils se lancent et répondent abruptement par une autre question : « Maître, où demeures-tu ? ». Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’une question c’est une quête… Jésus comprend et leur répond : « Venez et voyez ». Vous savez, j’ai pris cela très au sérieux… j’ai osé suivre la quête de mes deux amis… et j’aurai l’audace de reprendre les paroles du Maître et de vous dire : Venez et voyez avec moi quelques-uns des indices, des fruits, des accomplissements que cette femme et cet homme magnifiques ont semés tout au long de ces 25 dernières années…

Venez et voyez la qualité, la générosité et la durabilité de leur charisme de formateur et de formatrice. Yvonne et Florent ont été toute leur vie et sont encore de véritables mentors pour de très nombreuses personnes… des étudiants et des étudiantes, des membres de groupes communautaires, des futurs prêtres, des jeunes religieuses et combien d’autres qui ont eu la chance de les côtoyer longuement. Leurs tâches de professeurs en ont fait des transmetteurs de connaissances, bien sûr, mais surtout d’intelligence, de valeurs, d’expériences et d’ouverture d’esprit.

Venez et voyez leur acharnement à aimer l’Église, celle des disciples de Jésus… la leur… envers et contre toutes leurs impatiences et leurs tentations de laisser radicalement tomber son institution enfermée à double tour dans une structure et des idéologies dépassées. J’ai été quelquefois témoin… je crois que je pourrais même dire souvent… de véritables «montées de lait», de la part d’Yvonne, et d’incisives colères, de la part de Florent, de leurs désirs de chasser les vendeurs du temple, de renverser les tables d’échangeurs de vaines croyances,  de dénoncer les prières insipides, bref, de refuser que leurs communautés deviennent des coquilles vides plutôt que rassemblements des disciples de l’Évangile. Comme le Maître, elle s’est tenue, il s’est tenu surtout hors du temple… ils ont choisi de rassembler l’ecclésia des rues, des parcs et des villages délaissés de leurs régions… ils ont choisi celle des Journées sociales du Québec, celle de Développement et Paix, celle de la pastorale sociale de leurs milieux, celle des femmes et des hommes de bonne volonté qui, comme elle, comme lui, cherchent la justice.

Venez et voyez les très nombreuses occasions où ils ont prononcé le NON tonitruant de notre ami Guy Paiement devant le processus de déshumanisation sociale qui n’en finit plus de faire des victimes, ici et partout dans le monde. Combien d’écrits, de paroles, de conversations, de débats, de conférences… Yvonne et Florent n’ont-ils pas prononcé pour communiquer leur indignation et leur intention de tout faire pour «remonter le courant» comme le saumon de la mer gaspésienne… ils l’ont fait à travers des idées neuves, des analyses poussées, des propositions d’avenir, bref, à travers tout ce qui pourrait remplacer notre société de marchés économiques par une société de marchés sociaux…  À nos âges, comme vous, comme moi, Florent et Yvonne ne savent plus en quelle langue et sur quel ton le crier : certes on le sait, on ne peut pas vivre en société sans échanger, mais il importe d’échanger non pas seulement des biens de consommation, mais surtout des liens, des dons, une réciprocité franche et vraie… Bref, notre humanité elle-même… ou si vous voulez ce qu’il y a de plus humain en chacune et en chacun de nous. (…)

Venez et voyez ce qu’il et elle sont devenus aujourd’hui… deux êtres ordinaires, comme vous et moi, devenus extraordinaires parce que, tout jeunes, ils ont osé poser une question au Maître : « Où demeures-tu ? ». À force d’entrer dans cette quête spirituelle, d’y trouver, d’y VOIR, les traces du Nazaréen, ils sont arrivés aujourd’hui à lui ressembler de plus en plus et à atteindre comme lui une hauteur impressionnante en humanité.

En mon nom personnel et au nom de ceux et de celles qui, dans le cadre des Journées Sociales du Québec, ont travaillé avec Yvonne et Florent au cours des 25 dernières années, je veux dire à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean un immense merci de les avoir produits, entourés, enrichis pour ensuite nous les prêter si généreusement. Yvonne et Florent, je vous aime, nous vous aimons. Merci infiniment pour ces 25 années de service, d’échange et d’amitié sincère, vraie et indéfectible.

 

Journées sociales du Québec 2015

À Sherbrooke les 5, 6 et 7 juin 2015 avaient lieu les Journées sociales du Québec, sur le thème de la « Souveraineté alimentaire ».  En cliquant ICI, vous atteindrez le document synthèse de ces délibérations et réflexions. Bonne lecture !

Groupe de participants aux Journées sociales du Québec, réunis à l'Université de Sherbrooke

Groupe de participants aux Journées sociales du Québec, réunis à l’Université de Sherbrooke

Mme Eileen Perry, responsable diocésaine à la pastorale sociale, animant un atelier lors de ces Journées sociales du Québec

Mme Eileen Perry, responsable diocésaine à la pastorale sociale, animant un atelier lors de ces Journées sociales du Québec

Journées sociales Gaspésie

On se souvient des Journées sociales du Québec qui ont lieu à Rimouski en 2013.

En marge de ces grands chantiers québécois de réflexion sociale, des groupes en régions se préoccupent de maintenir active cette vigilance et cette sensibilité aux questions sociales préoccupantes de notre société. En Gaspésie, nous avons ainsi 2 petits groupes qui se réunissent régulièrement : un dans la Baie-des-Chaleurs et un autre dans la région Gaspé/Percé.

 Ces petits rassemblements ciblent quelques enjeux marquants tels la pauvreté croissante, les reculs par rapport à certains changements de lois, ou par pertes d’institutions, par coupures d’austérité, etc. Ils peuvent manifester leur appui concret (lettres d’opinion de lecteurs, signatures de pétitions, etc.) et aussi apporter du soutien à des projets comme « Les délices de Jérémy », à Bonaventure, qui vise justement à favoriser l’intégration en milieu de travail de jeunes handicapés. Le ressourcement biblique fait aussi partie des motifs de ces rencontres sociales Gaspésie : comment la Bible peut-elle nous apporter un éclairage pour notre temps, sur des questions sociales qui nous interpellent?

 Le Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale – le CATHII – fournit des documents qui servent à alimenter d’autres réflexions et qui mèneront éventuellement à des actions de la part des Journées sociales Gaspésie.

 

Dieu a perdu connaissance. Quoi faire?

Dans une communauté chrétienne, la liberté, le bonheur et le bien-être de l’humanité qui nous entoure parlent de la qualité de notre foi. Or, si on en juge par le nombre de personnes qui n’en finissent plus de « s’arracher la vie » selon une expression gaspésienne, pour vivre décemment et donner à manger à leurs enfants, on pourrait presque dire que Dieu a réellement perdu connaissance dans nos milieux. Il n’est pas mort, il est seulement évanoui. Que faire ? Comment travailler à la réanimation de Dieu ? Si j’en juge par une rencontre avec le comité diocésain de pastorale, le projet de Mgr Gagnon et de son équipe entend bien faire en sorte que le message chrétien s’arrime le plus étroitement possible à la quotidienneté et que chaque communauté retrouve la vivacité de la présence de Dieu au milieu d’elles. Et j’ai bien compris qu’aucune communauté s’avère trop petite pour ne pas être de la partie. Souvent, une seule personne suffit pour aider quelqu’un à reprendre conscience.

 Ramener Dieu à la vie est l’affaire de tout le monde. En tout cas, la pastorale que l’on appelle sociale (comme si les autres n’avaient rien à voir avec la société) en fait un objectif primordial. Elle n’a de cesse de mobiliser le plus d’énergies possibles pour arriver à provoquer cette revitalisation d’un Dieu obsédé par celles et ceux qui, laissés pour compte, se retrouvent trop souvent seuls sur le bord des routes et le parvis de nos églises. Car ce n’est pas tant l’annonce universelle de l’Évangile qui sera le signe par excellence du réveil de Dieu (autre mot pour dire résurrection) mais l’arrivée de vraies bonnes nouvelles pour les moins chanceux et les moins chanceuses d’entre nous.

 En fait, je vois la pastorale sociale comme ayant été construite autour de 3 pôles principaux : l’utopie, la promesse, la mémoire.

 L’utopie parce que l’engagement social chrétien porte un rêve : celui d’une société plus humaine et plus juste, d’un espace de liberté ouvert par en avant, d’un bien commun véritablement partagé, d’une table où le dernier et la dernière des humains aient une place. Même si le chemin reste à inventer, l’espérance peut s’entêter car un autre monde est possible. La pastorale sociale s’acharne à croire que la vie peut rejaillir d’un corps apparemment blessé à mort.

La promesse parce que, à cause de ce regard sur un autrement de l’avenir, la pastorale sociale s’apparente au travail du prophète qui est toujours en quête d’un sens au cœur d’un présent difficile, souvent dramatique. Le prophète est habité par un désir de changement, de transformation, de renouvellement; il ne vise pas moins qu’un projet de libération personnelle et collective. Il tient cela d’une promesse. Cette promesse ne vient pas de n’importe qui, elle vient d’un homme qui sait de quoi il parle parce qu’il a lui-même vécu l’inquiétant passage de la mort à la vie. C’est pourquoi Dieu l’a reconnu comme son Fils. Et en ce moment fondateur du christianisme, Dieu avait toute sa connaissance.

La mémoire parce que les chrétiennes et les chrétiens engagés socialement savent que cette promesse s’enracine dans une histoire. Ils savent que les images de justice, de bonté, de dignité, de paix, d’égalité, proviennent de leur mémoire chrétienne (les hébreux sont libérés d’Égypte, l’agneau et le loup paissent ensemble, la prostituée devient l’épouse bien-aimée, la femme courbée se redresse, le lépreux exclu peut retourner dans sa communauté…). Loin d’être innocente et fleur bleue, cette mémoire peut devenir éminemment dangereuse parce qu’elle rend libre et fait changer les choses. Ce qu’en beaucoup de lieux de la présente conjoncture néolibérale, on redoute au plus haut point.

Toutes les pastorales, celles des sacrements, de la liturgie, de la catéchèse, de la santé, de l’éducation de la foi… toutes sont appelées à vivre de cette utopie, de cette promesse et de cette mémoire. Dieu ne repoussera jamais le désir de celui ou de celle qui veut lui donner la vie. Et, lorsqu’Il reprendra conscience, nous serons surpris qu’Il ait eu un tel besoin de nous.

Lise Baroni Dansereau