Mémorial Mgr François-Xavier Ross

(1869-1945) Il nous fait plaisir de vous présenter des photos du Mémorial consacré à ce grand homme de l'histoire gaspésienne, premier évêque du Diocèse de Gaspé. Ce Mémorial est situé dans une chapelle latérale, dans la cathédrale de Gaspé. Pour en apprendre plus sur celui que les historiens ont appelé "le libérateur de la Gaspésie", nous vous invitons à lire les textes qui apparaissent dans l'afficheur de photos.


Mgr François-Xavier Ross
(Évêque de Gaspé, de 1922 à 1945)
Le tombeau de Mgr Ross
Divers objets de travail ayant appartenu à Mgr Ross
Des objets de culte ayant appartenu à Mgr Ross
La mitre
L'aiguière
Gants et burettes
Conférence de presse pour l'inauguration du Mémorial le 6 juin 2006
De gauche à droite: L'abbé Jules Bélanger (historien), Mgr Jean Gagnon et M. Jean Carbonneau (président du Conseil de l'Assemblée de fabrique).

Mgr Ross: quelques dates importantes

7 mars 1869 : naissance à Grosses-Roches (Rimouski)

19 mai 1894 : ordination à la prêtrise

1917 : auteur d’un Manuel de pédagogie, utilisé dans les Écoles Normales du Québec jusqu’en 1964

11 décembre 1922 : élu premier évêque du diocèse de Gaspé

1922 : lance le mouvement coopératif : agriculture, foresterie, pêches, caisses populaires

1923 : fonde la Société de colonisation avec l’ouverture subséquente de douze paroisses

1923-34 : obtient la nationalisation (Canadien National) des lignes de chemin de fer, le prolongement du boulevard Perron sur le côté nord de la Gaspésie, la construction du pont de Gaspé

1924 : fondateur de l’École Normale / École ménagère de Gaspé confiée aux Ursulines et dont il sera le Principal jusqu’en 1945

1926 : fondateur du Séminaire de Gaspé confié d’abord aux Jésuites, puis aux Clercs de Saint-Viateur en 1938

1926 : fondateur de l’Hôtel-Dieu de Gaspé confié aux Religieuses Augustines de Québec

1928 : co-fondateur des Missionnaires du Christ-Roi à Gaspé

5 juillet 1945 : décès à l’Hôtel-Dieu de Québec et inhumation à Gaspé

 

Un homme de vision

 Mgr François-Xavier Ross connaissait la Gaspésie et aimait ce peuple qui suscita chez lui une hardiesse, un dévouement passionné. « La Gaspésie est le vrai bijou de la province…  Pays d’imprévu, pays de poésie, pays de légende, pays de rêve… Terre féconde où germent des talents merveilleux que l’isolement, l’éloignement a trop souvent enfouis » (Conférence à Rimouski, 1920).

« Notre mot d’ordre, c’est notre programme : il faut croître, il faut grandir par tous les moyens que sait utiliser la pensée chrétienne » (Mandement d’entrée, 3 mai 1923).

«Jadis, la carte de la province de Québec se terminait à droite par le comté de Rimouski.  […] Au bas de la carte, dans un coin auquel personne ne prêtait attention, se dessinait une excroissance qui semblait ne pas appartenir au reste de la carte.  C’était la Gaspésie. Cet isolement figurait bien l’insouciance dont a souffert ce coin de terre…  Connaissant ce tempérament avant d’arriver en Gaspésie, je me suis donné pour programme d’éveiller les énergies » (Conférence sur la Gaspésie, 1934).

« Mgr Ross a réussi à éveiller les énergies, à susciter les initiatives et surtout à déclencher l’action.  Il a joué aussi un rôle important au sein de l’épiscopat québécois.  De fait, Mgr Ross a été et est « le vrai libérateur de la Gaspésie » (Laval Lavoie, Mgr François-Xavier Ross, libérateur de la Gaspésie, Québec, Anne Sigier, 1989, p. 164).

L’éducateur et le fondateur

Pédagogue et Principal d’École Normale à Rimouski de 1906 à 1923, il entreprend dès 1923 d’établir à Gaspé des institutions d’éducation. « Nous nous appliquerons à vous faire progresser dans les voies de l’intelligence… Deux foyers de formation s’imposent de la manière la plus urgente : un séminaire pour recruter des prêtres et une école normale pour préparer des institutrices…  Notre enseignement sera ainsi fortifié par la base et haussé par le sommet » (Mandement d’entrée, 3 mai 1923).

Il s’affaire aussi à l’urgent besoin d’un service de soins de santé à Gaspé. « Désormais, nous aurons donc une maison d’hospitalisation pour nos chers malades… Aussi, avons-nous été heureux d’associer cette vénérable congrégation [les Augustines] à nos travaux d’organisation religieuse et de l’adjoindre aux autres institutions; ensemble, elles reconstitueront sur l’emplacement de la Croix de Cartier, le trio apostolique de la fondation de Québec » (Mandement du 8 décembre 1926).

Le 15 décembre 1928, il accueille à Gaspé la fondation d’une congrégation missionnaire qui élargira le champ apostolique de l’Église diocésaine.  Les Missionnaires du Christ-Roi compteront de nombreuses vocations gaspésiennes.

Le bâtisseur

Visionnaire audacieux, évêque aux vastes horizons, il sait que le développement passe par la communication. « Vous savez que (le chemin de fer) est la clef, le point de départ de tout notre progrès économique » (Mandement du 21 juillet 1923).

Fils de la terre, c’est vers elle qu’il se tourne d’abord. « Il ne sera pas dit qu’un peuple va ainsi mourir d’inanition entre nos mains, sans que nous ayons remué ciel et terre pour lui conserver la vie » (Mandement du 21 juillet 1923).  « L’agriculture est l’industrie de base d’un pays. Son titre de productrice des premières nécessités lui donne une importance souveraine » (Conférence sur la colonisation devant le Club Canadien, 1932).

La coopération est la voie privilégiée du développement économique par lequel s’enrichiront toutes les sphères de la vie gaspésienne.  Ainsi, épaulés par les Caisses populaires, naîtront les syndicats forestiers, les coopératives de pêcheurs, la Société de colonisation.

Un témoignage éloquent

« Les interventions et l’influence de Mgr Ross ont touché à toutes les facettes de la vie économique, sociale et culturelle de ses diocésains […]. Dans tout cet éventail de préoccupations, Mgr Ross était d’abord un pasteur.  Il l’était de tout son être et dans tout son agir » (Paul Joncas, Les 75 ans du Diocèse de Gaspé, La Fondation du diocèse de Gaspé, 1998, p. 62).