Pastorale de l’Appel

     

Avec le Souffle que donne l’Esprit Saint

 

« Il est nécessaire  que l’Église du troisième millénaire stimule tous les baptisés et les confirmés à prendre conscience de leur responsabilité active dans la vie ecclésiale. À côté du ministère ordonné, d’autres ministères, institués ou simplement reconnus, peuvent fleurir au bénéfice de toute la communauté, la soutenant dans ses multiples besoins : de la catéchèse à l’animation liturgique, de l’éducation des jeunes aux expressions les plus diverses de la charité.» (Jean-Paul II, lettre apostolique : Au début du nouveau millénaire, no 46, 2001)

 

Cet extrait du message du pape Jean-Paul II adressé à l’Église à la fin du Grand Jubilé de l’an 2000, demeure d’une très grande actualité. Neuf ans plus tard, nous avons là comme un résumé de l’objectif à poursuivre en pastorale de l’Appel.      

 

Je m’arrête simplement au mot qui a d’abord retenu mon attention dans la première ligne de cet extrait, le mot stimule« Il est nécessaire que l’Église du troisième millénaire stimule tous les baptisés et les confirmés à prendre conscience de leur responsabilité active dans la vie ecclésiale.» 

 

Selon Jean-Paul II, l’Église a besoin d’exercer une stimulation des baptisés et des confirmés pour une prise de conscience de leur responsabilité active… La stimulation, nous dit «le petit Larousse», c’est ce qui augmente l’ardeur, ce qui pousse à agir, ce qui est de nature à redonner le courage à quelqu’un. Ce serait trop facile s’il existait une boisson énergisante, comme on en connaît, qui nous donnerait des ailes!  

 

Où trouver les mots et le Souffle nécessaires pour stimuler davantage les baptisés et les confirmés de nos milieux ?  Nous trouverons la réponse en observant les Apôtres à leur sortie du Cénacle le jour de la Pentecôte. Ils avaient de l’Énergie, du Souffle à revendre et ils sont partis annoncer le Christ vivant à leurs contemporains, les appelant à devenir des disciples du Ressuscité.

 

Notre foi nous dit que l’Esprit Saint vit et agit au milieu de nous; Il est présent à l’Église du Christ. Il soutient le Peuple de Dieu qui chemine vers le Père. Il habite le cœur de tous les baptisés et des confirmés sans exception. Tous les fidèles bénéficient de l’assistance de l’Esprit Saint. Tous et toutes peuvent recourir au Souffle de l’Esprit du Ressuscité qui prodigue ses dons divers à chacun en vue du bien de tous et de toutes pour l’édification du Corps tout entier. (cf Rom 12, 4-8 ;  14, 19 ;  1Co 10,17 ; 12, 12-27. Ép 1, 23 ; 4, 4.25).

 

Se pourrait-il que l’Esprit Saint sommeille dans le cœur de beaucoup de baptisés et de confirmés de nos milieux ? On ferait si peu appel à Lui qu’Il se serait endormi ? «Non Il ne dort ni ne sommeille le Gardien d’Israël»  (Ps. 121, 4) L’Esprit est toujours à l’œuvre au milieu de nous, on peut en être sûrs!

 

La pastorale de l’Appel en particulier, est une pastorale qui requiert beaucoup de Souffle car pour porter des fruits elle demande une foi et une persévérance à toute épreuve. Les pasteurs, les responsables de groupes, les baptisés de nos communautés chrétiennes peuvent compter sur le Souffle et les lumières de l’Esprit Saint. Avec Lui, il est possible de nous engager avec ardeur et de persévérer dans la joie à notre mission ecclésiale. 

 

Marielle Bujold

 

 

«La moisson est abondante…

priez le Maître de la moisson…»  Mt 9, 38

Nous prions depuis longtemps à cette intention et les résultats ne sont pas tellement visibles chez nous… Est-ce un signe nous indiquant de passer à d’autres intentions tout aussi urgentes?

 Pourtant la demande de Jésus est toujours là : «Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.» Cette demande de Jésus à ses disciples se situe dans le cadre d’une moisson abondante alors que les ouvriers sont peu nombreux. N’est-ce pas notre cas encore aujourd’hui, une moisson abondante dans plusieurs champs de mission et un manque flagrant d’ouvriers et d’ouvrières !

 

Bien sûr, il faut continuer de prier pour les vocations, sans nous lasser. Jésus nous le demande toujours. En priant le Père d’envoyer des ouvriers, nous faisons surtout un acte de foi qui nous sauve et nous exprimons notre confiance en Dieu qui a promis sa présence au milieu de nous. Elle met en action et nourrit notre espérance. La prière pour les vocations élargit aussi notre conscience du besoin de salut des hommes et des femmes de notre temps ; elle peut aussi nous libérer de la tentation de nous considérer comme propriétaires de ce que nous faisons, car c’est Dieu qui envoie des ouvriers pour la moisson!

 

Par notre prière pour les vocations, exprimons notre communion fidèle à notre Dieu qui ne démissionne pas devant l’ampleur des urgences et ne se lasse pas quand parfois nous retardons  à répondre à ses appels. Il nous aidera certainement à tenir bon nous aussi.

 

Marielle Bujold

 

Prière pour les vocations

Dieu notre Père, nous t’en prions, jette un regard de

bonté sur ton Église qui vit en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Soutiens les communautés de disciples qui forment cette Église :

qu’elles célèbrent la présence de Jésus ressuscité, proclament

sa Parole et témoignent de sa charité.

Donne-nous la générosité de mettre nos talents au service de nos

frères et sœurs et de prendre une part active dans la vie de notre communauté.

Choisis aussi parmi nous des jeunes et des adultes qui accepteront de

mettre leur vie au service de l’Église, afin que l’Évangile de

Jésus soit toujours chez nous un phare qui éclaire et guide nos existences.

Seigneur Jésus-Christ, tu nous as dit que la moisson est grande.

Donne-nous, par la force de ton Esprit, l’audace d’appeler largement

et de répondre avec empressement. Amen. 

 (? Jean Gagnon, Pâques 2004)

 

Répondre à l’appel de Dieu

Dieu appelle par amour

Selon notre foi chrétienne, l’Appel  à la mission est une initiative gratuite de Dieu.  «C’est Yahvé qui s’est attaché à vous et vous  a choisis»  (Dt 7,7). L’explication de cette grâce c’est l’amour de notre Dieu, aucun mérite, aucune valeur ne l’explique.  Comme il est dit dans la Bible «Israël était  le dernier des peuples,  mais…«…Yahvé vous a aimés.» (Dt 7, 7b). C’est cet amour qui est à l’origine des appels de Dieu à ce petit peuple devenu le «Peuple que Dieu s’est choisi».  

 Jésus aussi appelle à le suivre

Jésus, le Fils aimant du Père se choisit lui aussi des collaborateurs  pour être avec lui et partager sa mission. Ils formeront le premier noyau  du peuple de la Nouvelle Alliance. Nous pouvons constater, en feuilletant les premières pages de l’Évangile, que ces appels  faits par Jésus  pour rassembler des disciples est une  des premières démarches qu’il a faites selon ce qui nous est rapporté.  En effet,  Jésus  invite  d’abord quatre pêcheurs à le suivre.  «Venez à ma suite et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. Laissant aussitôt leurs filets, ils le suivirent.» (Mc 1, 16-20) Et peu à peu,  il en choisira huit autres afin de les former à l’annonce du Royaume. «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez  du fruit et que votre fruit demeure. (Jn 15, 16)

 Les appels de Dieu sont toujours présents  aujourd’hui

Les appels de Dieu se retrouvent encore  dans l’Église d’aujourd’hui comme une réalité importante  Les communautés chrétiennes avec ceux et celles qui en sont les responsables, font des choix et  confient des missions aux baptisés  chez qui ils retrouvent  les charismes nécessaires.    Et, chose étonnante, ces choix, ces appels,  préparés dans la prière et faits avec discernement,  font apparaître  du même coup  les choix de Dieu.  Cela montre également  l’action de   l’Esprit Saint qui est à l’œuvre. (Ac 6, 3) En effet,  la présence des dons et des charismes dans l’Église révèlent  une action certaine  de l’Esprit de Dieu qui appelle notre collaboration.  (1 Th 1, 4 s)

 Plusieurs ignorent qu’ils sont appelés

«Dieu nous appelle, Dieu nous attend, allons à sa rencontre, c’est Lui le Dieu  vivant!» chantons-nous parfois dans nos célébrations.  Et ces appels de Dieu, correspondent toujours à  nos talents, à nos capacités. Nous sommes en mesure de le vérifier,  chaque personne reçoit de très grandes richesses. Dieu   place  en chaque être humain de nombreuses énergies de vie,  d’amour, de partage, de service. Mais au quotidien,  toutes ces richesses demeurent souvent enfouies, parce qu’elles restent inconnues.  Beaucoup de  personnes ne connaissent pas vraiment  leurs charismes et  les appels que  ceux-ci impliquent pour le bien de tous et de toutes. Aussi peu de baptisés-es  répondront  aux appels de Dieu si personne n’est là pour leur faire écho et confirmer leur présence.

 Dieu a besoin de nous pour transmettre ses appels

Les appels de Dieu doivent donc  passer par nous qui sommes membres de l’Église du Christ.  C’est notre mission d’être le cœur et la voix de Dieu pour en appeler d’autres à accueillir et à offrir dans notre monde les trésors de l’Évangile.  Appelés-es par Dieu, c’est à notre tour d’en appeler d’autres à suivre Jésus, à mettre leur talents au service de leurs frères et sœurs.  Pour bien nous acquitter de cette tâche, il  nous faut d’abord  prier afin  que Dieu,  par son Esprit,  nous habilite et nous donne l’élan nécessaire  pour que nous puissions  appeler à  divers services, vocations et ministères.

 

« La moisson est abondante… » (Mt 9, 38)

 Les appels de Dieu sont personnels

Un bon moyen d’apprendre  «les bonnes manières» en pastorale de l’Appel,  est de regarder comment Dieu s’y prend pour appeler une personne.  En scrutant les Écritures sur le sujet,  quelques  points ressortent davantage.  En premier lieu, on découvre  que Dieu n’appelle pas en général  en s’adressant à tout le monde et à personne.   Il appelle chacun par son nom unique. Pensons à l’appel fait à Noé, à Abraham, à Sara, Marie,  Joseph,  Pierre, André, Philippe et l’on pourrait continuer la liste… L’appel de Dieu est personnalisé. 

 Dieu appelle pour des  missions précises

Dieu n’appelle pas non plus pour des tâches vagues.  Par exemple, Il appelle Noé pour bâtir une arche;  Il appelle Abraham et Sara pour donner vie à un enfant, il appelle Jérémie à dire telle parole au peuple, il appelle Moïse pour faire sortir le peuple d’Égypte, il appelle Joseph pour être le père adoptif de Jésus.  Ce que Dieu demande est clairement  présenté et en appelant il montre  à  chaque personne sa confiance en elle.  Il lui révèle en même temps ses capacités, ses talents, et des façons de s’épanouir. Il les accompagne  de ses lumières et de sa force tout au  long de la mission qu’Il leur confie. 

 Une belle tâche nous attend

C’est notre responsabilité aujourd’hui,  dans notre monde,  de faire en sorte que ces appels personnalisés de Dieu parviennent aux personnes qui nous entourent, ceux et celles qui se trouvent sur notre chemin.   N’est-ce pas une belle tâche à réaliser.  Pour cela nous avons à développer un regard neuf, plus intense, perspicace, capable de discerner les dons semés par L’Esprit au milieu de nous.  Nous avons à nous engager résolument en cette pastorale de l’Appel, dont dépend pour une grande part,  la vitalité de nos milieux et nos communautés chrétiennes.

Marielle Bujold