Présentation

ANNÉE DE TRANSITION EN CATÉCHÈSE

Où en sommes-nous ?

En début de cette nouvelle année pastorale, une question fondamentale est au centre de notre réflexion concernant le dossier de la catéchèse : « Comment reprendre les activités catéchétiques en milieu paroissial dans ce contexte de la pandémie ? ».

Vu la complexité de cette crise sanitaire qui affecte notre planète et des consignes mises en place afin d’éviter les risques de propagation, nous avons jugé bon de proposer une année de transition en catéchèse pour l’ensemble du diocèse. Se saisir de cet événement pour nous arrêter, revisiter et renouveler nos approches et nos pratiques de formation à la vie chrétienne afin qu’elles soient plus missionnaires.  

Où allons-nous ?

L’année de transition annoncée doit s’accompagner d’un projet visant à nous conduire vers une nouvelle manière d’intervenir en catéchèse.

  1. Un comité de transition

Une équipe de travail composée de délégués de chaque secteur du diocèse a été formée en vue d’amorcer la réflexion. Compte tenu de la pertinence du sujet à aborder, l’équipe organise des rencontres deux fois par mois via la plateforme zoom.

 Objectifs du comité

  • Planifier les activités à offrir aux jeunes et aux familles en cette année de transition ;
  • Revoir en profondeur notre vision et nos pratiques catéchétiques en regard du tournant missionnaire ;
  • Faire le lien avec les catéchètes du secteur, recueillir leurs points de vue ou expériences et les informer de la réflexion en cours sur le plan diocésain.  
  • Une catéchèse sous forme de thématiques

Il est évident que nous n’offrirons pas de nouvelles inscriptions, néanmoins, nous avons à cœur de relancer les activités suspendues afin de permettre aux jeunes déjà engagés dans un parcours, de vivre des expériences signifiantes de foi sous forme de thématiques. Cette démarche ne vise pas directement la célébration des sacrements dans un premier temps, mais elle prépare le terrain pour mieux saisir le sens des sacrements que nos jeunes célèbrent. Cette nouvelle approche nous permettra de faire en sorte que la finalité catéchétique ne se centre plus sur les sacrements, mais davantage sur la proposition globale de la foi.

  • Se réorganiser pour mieux accompagner

Comme nous le savons, la pandémie du Covid-19 a bouleversé notre vie ; notre manière de vivre doit changer et se réorganiser. Nous faisons face à de nouvelles générations, de nouveaux besoins qui exigent une nouvelle façon de rejoindre les jeunes par l’usage de nouveaux moyens de communication. D’où la nécessité de nous engager dans une pastorale hybride combinant le numérique et le physique.

Pour que ce projet diocésain porte fruit et conduise à de vrais changements, il faudra s’y préparer et mettre toutes nos ressources en commun. Comme on dit : « Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin! »

Que l’Esprit-Saint nous donne l’audace d’avancer au large et de jeter les filets en toute confiance : « Confiance ! C’est moi; n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27)

Sœur Julienne Kayinda, responsable de la formation à la vie chrétienne

Accompagner à la manière de Jésus

L’image du récit des disciples d’Emmaüs telle qu’illustrée dans Luc 24, 13-35, nous révèle des repères essentiels pour accompagner les personnes et les communautés dans la culture actuelle. Ce parcours ouvre des pistes de réflexion pour mieux comprendre comment accompagner toute personne par l’écoute, la confiance et le discernement. L’accompagnateur (trice) travaille à dégager chez la personne la voie qui mène à Dieu et l’aide pour que se produise une vraie rencontre avec Lui. Il devient alors témoin des merveilles que le Seigneur opère dans la vie de la personne qu’il (elle) accompagne.

Dans cette démarche d’accompagnement, la meilleure référence se trouve dans la contemplation et la connaissance même de Jésus, le formateur par excellence, puisqu’il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn14, 6). Il nous invite explicitement à nous mettre à son école et à agir comme Lui.

Je vous invite à voir de quelle manière ce récit permet d’établir le lien entre l’accompagnateur (trice) et la personne accompagnée :

« Jésus lui-même s’approche et il marchait avec eux. » (V.15)

Ce déplacement est très important dans une dynamique d’accompagnement, car il rappelle qu’il ne s’agit pas d’amener les gens à soi, mais plutôt d’aller à leur rencontre. Pour cela, il est important d’aller voir où sont les gens à accueillir et de comprendre le contexte dans lequel, ils vivent. C’est effectivement ce que Jésus fait en marchant avec les disciples découragés ! Ils ne sont pas abandonnés à leur propre sort. Ce temps de rencontre permet d’être présent à l’autre, de créer des liens de confiance pour ensuite faire route ensemble.

« De quoi discutez-vous en marchant ? » (V.17)

Par le jeu des questions, Jésus ouvre un dialogue qui invite les disciples à exprimer leurs problèmes et leurs difficultés, il les renvoie à leur vécu quotidien. Une belle façon d’être proche de la personne accompagnée pour mieux percevoir son besoin, sa souffrance, son manque à combler. Ceci implique de donner une grande place à l’écoute attentive et aimante.

« Et, partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui les concernait. » (V.27)

Une fois le contact établi, l’accompagnateur (trice) ouvre un dialogue à partir du point de vue de la personne accompagnée. C’est le cœur même de l’accompagnement qui consiste à partir de la Parole de Dieu pour établir des liens avec les événements concrets, ouvrir le cœur à la rencontre du Christ pour marcher à sa suite sous la conduite de l’Esprit.

« Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. Il entra donc pour rester avec eux. » (V.29)

En invitant Jésus à rester avec eux, les disciples montrent qu’il est devenu pour eux un ami qui est entré dans leur intimité. Ils lui manifestent leur désir de demeurer avec Lui. Par son enseignement, Jésus est entré dans la vie des disciples pour y établir sa demeure. C’est grâce à cette présence permanente de Jésus qu’il devient possible aux disciples de se lever et de se mettre en route, tout joyeux.

« À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. » (V.35)

L’expérience de la rencontre avec Jésus pousse les disciples à l’annoncer, à proclamer, à partager ce qu’ils ont vécu. De la rencontre est né le désir de devenir disciples-missionnaires. Dans une première approche de l’évangélisation, il convient de favoriser le témoignage, c’est-à-dire de parler avec simplicité de ce que nous vivons nous-mêmes avec le Seigneur, de ce qu’il apporte de bienfaisant dans nos vies.

La dernière étape de l’accompagnement n’est pas à négliger, une invitation pour la personne qui accompagne à disparaître, cet effacement porte un message, car sa mission est de mettre la personne accompagnée en route, la rendre autonome dans la foi et l’inviter à devenir disciples-missionnaires joyeux et engagés.

Le parcours des disciples d’Emmaüs nous a ouvert à plusieurs pistes de réflexion pour mieux comprendre l’importance de l’accompagnement dans un contexte de formation à la vie chrétienne. Il nous a également instruit sur la méthode de l’accompagnement à la manière de Jésus, par l’accueil de l’autre, l’écoute attentive, la capacité de faire confiance, la prise de la parole, la patience, l’engagement etc.

La Bible devrait être présentée comme un manuel par excellence de formation à la vie chrétienne afin d’accompagner les personnes de tous âges dans leur cheminement de vie à la suite du Christ.

Puissions-nous à l’exemple de Jésus, nous mettre à son école pour apprendre de Lui comment accompagner les personnes et les communautés dans la culture actuelle, que l’Esprit Saint nous donne l’audace d’oser une approche renouvelée de toutes nos pratiques de formation à la vie chrétienne.

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt 28,20)

Sœur Julienne Kayinda, responsable de la formation à la vie chrétienne